Le Monde Souterrain

Si son existence passe parfois pour une simple rumeur, il existe bel et bien. Le peuple souterrain s’étend sous toute la surface du territoire impérial et même plus loin encore. Intégré au découpage de l’Empire, ses habitants ont cependant conscience d’être un peuple quelque peu à part. Peuplé d’humains pour certains albinos et de nombreuses communautés naines, ils sont des impériaux au même titre que les elfes. Des impériaux intégrés au système mais sensiblement différents, cohabitant en paix avec leurs voisins. Cette différence tient à leur teint mais aussi à une carrure généralement plus chétive. Tout cela semble résulter de leur adaptation à leur milieu de vie, ou à leur exposition à la magie circulant sous terre.


Secret de polichinelle

Si le peuple souterrain est si méconnu des citoyens, c’est à cause d’un secret qui court sur lui. Son existence même, sans être un secret absolu, n’est évoquée qu’à demi-mot. C’est avant tout une consigne impériale pour maintenir ce vaste réseau de galeries secret. En effet, pour des raisons de sécurité étatique il est primordial que le Nord n’en apprenne jamais l’existence. Les habitants du peuple souterrain font tout de même du commerce régulièrement avec la surface, ne serait-ce que pour survivre et se procurer nourriture et biens artisanaux. Ils restent cependant particulièrement prudents pour ne pas révéler les quelques entrées qui existent vers leurs cités. Eux aussi tiennent à leur tranquillité et le sentiment d’appartenance à une communauté y est extrêmement fort. De fait, la criminalité y est assez rare, chacun préférant se serrer les coudes pour survivre. Même la redoutable Guilde de l’Ombre n’y est que peu implantée. Ses contrebandiers, s’ils utilisent quelques tunnels dérobés, évitent le plus possible le contact avec les cités souterraines. La guilde est en effet consciente des risques pour l’Empire, mais surtout des risques pour ses réseaux si la situation tendait au désordre. De fait, ses agents utilisent en priorité des galeries passant près de territoires dangereux, souvent infestés de monstres. Ce n’est pas le cas cependant de la mafia de Hâvrepaix qui étend ses miasmes de plus en plus profondément sous terre. Se basant sur une bonne entente avec le peuple souterrain, ses contrebandiers se soucient moins de leur influence néfaste sur les sociétés qu’ils corrompent par rapport aux gains qu’ils peuvent atteindre.


Au cœur d’Ebène, le monde souterrain s’étend sous toute sa surface.


Les souterrains durant la Grande Guerre

Si l’histoire de ce peuple est séculaire, c’est avec la Grande Guerre qu’elle s’est liée à jamais avec celle de l’Empire d’Ebène. Grâce aux liens d’amitié liés d’abord avec le Maître d’Ebène puis avec certains des clans de l’époque, le monde souterrain s’est engagé très tôt contre le Nord. Même sans cela, ce peuple habitué depuis longtemps à aider son prochain s’était toujours engagé à évacuer civils et blessés des zones de conflits. C’est donc d’abord comme une force neutre mais très vite comme un allié militaire que ce clan est devenu la première branche du futur Empire. Soutien logistique, apport de routes secrètes et sécurisées pour prendre à revers les troupes ennemies et surtout un soutien moral inébranlable, tout cela le peuple souterrain les a apporté au premier Empereur d’Ebène. Cette longue alliance se retrouve aujourd’hui encore dans le service militaire que continue à effectuer ses habitants. À cette occasion, ils quittent leurs galeries pour servir la bannière noire avant de choisir s’ils reviennent à leur communauté ou s’ils restent à la surface. Ce rite de passage est important dans leurs communautés car il implique que tout un chacun choisit en son âme et conscience d’appartenir au peuple souterrain. À défaut, les jeunes hommes et femmes intègrent le duché au-dessus de leur lieu de naissance et deviennent de simples citoyens ordinaires. Il faut noter que même s’ils retournent sous terre, ils arborent eux aussi le blason impérial. De fait, choisir entre l’Empire ou le peuple souterrain n’entraîne aucun rejet ou rancœur. Là encore, tels les elfes, chacun reste conscient de la difficulté de ce choix et personne ne le remettra en question.


Description de la vie souterraine

La vie sous terre est sensiblement différente dans les détails mais comparable dans de nombreux sens à celle dans le reste de l’Empire. Les gens y sont soudés, la garde patrouille et la vie citadine y est hiérarchisée et structurée. À ce détail près que toute leur vie se passe sous terre, dans un espace nécessairement réduit et à l’horizon inexistante. Les cités en elles-mêmes se nichent dans des failles, des grottes assez larges pour accueillir quelques centaines d’âmes. Elles sont toutes reliées entre elles par d’innombrables tunnels. Ils sont tous fléchés pour permettre à une âme égarée de s’y retrouver mais loin d’être praticables. Beaucoup de ces tunnels sont aujourd’hui occupés par des monstres, éboulés ou tout simplement laissés à l’abandon. Car depuis la Grande Guerre, les choses ont bien changé. Les habitants du monde souterrain ont appris à cohabiter avec une faune et une flore le plus souvent hostile. Les cités et tunnels pratiqués sont ainsi loin des territoires monstrueux et aucun n’empiète sur ceux de leurs voisins. Les cités en elles-mêmes sont de fait réduites et l’espace alloué à chaque corps de métier est particulièrement réfléchi. Les zones d’habitations sont souvent des maisons troglodytes nichées dans les parois des failles. L’espace de chaque famille est bien plus réduit que dans les maisons à la surface. Les gens n’y restent cependant que pour y dormir et l’espace privé est moins important dans leur vie collective. Le centre des villes accueille ainsi les zones utilisées par les artisans et les commerçants. Aux extrémités des villes se trouvent les zones de stockage, les quelques exploitations et élevages et d’autres bâtiments volontairement mis à l’écart. C’est par là que se retrouvent les quelques églises de Dracaelys sous terre, la foi impériale y étant moins pratiquée. Les valeurs de l’église sont pourtant partagées par ces habitants, l’entraide étant au cœur de leur vie. De fait, l’usage de l’argent est plus rare qu’à la surface. Outils, matériaux et souvent nourriture y sont partagés par la communauté. Sans tomber dans l’utopie collective, il y a en effet un usage commun et réfléchi de toutes leurs ressources. L’exemple le plus parlant est ici la gestion de la lumière. Les zones réservées à l’agriculture sont ainsi directement sous les failles laissant filtrer la lumière naturelle. Quant aux autres zones, torches et mousses lumineuses se relaient pour éclairer du mieux possible la vie des citadins.


« La lumière du soleil ne descend peut-être pas jusqu’à nous, mais nos cœurs sont tout aussi chauds qu’à la surface. »

Archibald Soprak, Bourgmestre de Chaud-Rempart


Gestion de la lumière

Si la lumière naturelle est le plus souvent à l’origine de l’implantation d’une cité, elle est ici loin d’être suffisante. Le plus souvent, elle est utilisé pour les cultures. Pour les habitants, il faut faire preuve d’une ingéniosité sans fin. Si chandelles, bougies et torches en “extérieur” illuminent de leurs halos de nombreuses zones, elles ne suffisent pas et leur simple utilisation serait absolument ruineux. Fort heureusement, il existe une mousse poussant naturellement sous terre et émettant une lumière douce aux reflets verts et bleutés. D’une teinte proche de celle des lunes, elle nimbe les tunnels d’une lumière douceâtre et quelque peu mystique, voire magique. Si sa culture est difficile, il reste possible d’en faire pousser dans les tunnels les plus usités et à l’abord des cités. Certaines parois semblent parfaitement propices à son développement et permettent donc d’éclairer à peu de frais tout un pan d’une cité. En ce qui concerne la lumière naturelle, cette dernière filtre directement depuis la surface. Soit par des failles, soit par quelques menues fissures. Généralement, les plus grandes failles débouchent dans des lieux sauvages et inhabités, ce qui laisse secrète l’existence de ces cités souterraines.


Creusé par les fleuves et lacs, le monde souterrain regorge de biomes différents.


Démographie et découpage impérial

Si nombre de citoyens du monde souterrain se pensent appartenir à un seul et même duché, dans les faits leur sentiment d’appartenance est difficilement réfutable, en réalité ils dépendent du même découpage impérial que la surface. Ainsi, les cités dépendent des capitales ducales les plus proches de leur localisation. C’est là-bas qu’ils effectueront leurs classes à l’instar de nombreux autres jeunes citoyennes et citoyens. C’est d’ailleurs un rite de passage car pour beaucoup ce sera leur première vraie occasion de découvrir la surface. Du moins en dehors des échanges commerciaux qui se limitent à un bref voyage. À l’issue de leurs classes, ils peuvent choisir de rentrer chez eux ou de rester à la surface. Il est étonnant de découvrir le nombre d’habitants des souterrains ayant réussi leur vie à la surface sans ne jamais avoir trahi leurs origines. En ce qui concerne la hiérarchie impériale, le processus est le même que pour les Elfes. L’Empire autorise un certain laxisme pour coller au mieux aux traditions locales. Cependant, certaines traditions se perdent petit à petit. Du fait d’un dépeuplement progressif, les tunnels ne sont plus entretenus et de nombreux avant-postes sont désormais abandonnés. Il ne reste qu’une quinzaine de cités dont quelques unes dépassent le millier d’âmes. Les autres ne comptent que quelques centaines d’habitants au mieux.


Dangers et ressources

Si la vie sous terre est dangereuse, elle n’en reste pas moins lucrative pour les artisans qui y sont installés. Certaines des plus belles pierres précieuses viennent de leurs mines et sont taillées avec minutie par leurs maîtres joailliers. Leur proximité avec certains filons leur permet également de se fournir en or, ébonites et autres métaux prisés à la surface. Leur extraction reste cependant limitée, les cités du monde souterrain n’en piochant que pour couvrir leurs besoins artisanaux. C’est ainsi toute une gamme d’objets de forge, de bijoux et autres colifichets traditionnels qui sont négociés à la surface. Ce commerce récurrent a pour but d’approvisionner la communauté en nourriture et autre matériaux introuvables sous terre. Les convois commerciaux passent par d’antiques galeries hors des territoires monstrueux. Pour cause, nécrophages et goblinoïdes infestent certaines zones et peuvent se montrer impitoyables. Si la lumière peut généralement les dissuader d’attaquer les voyageurs, dans le noir la situation devient critique. Leur nombre et leur aisance naturelle à se déplacer sont leurs meilleurs armes. Les galeries éclairées naturellement par de la mousse lumineuse ou quelques champignons sont de bons indices pour se sentir en sécurité. En effet, les monstres semblent les éviter, ce qui participe à la popularité de cette douce lumière. Dans la mystique traditionnelle du peuple souterrain, cette mousse peut parfois passer pour une confirmation de leur façon de vivre en harmonie avec les souterrains. En cela, leur foi se rapproche donc de la foi de Honseki, malgré l’absence globale d’Elfes dans leurs cités.

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